« Ce serait à refaire, je reprendrais l’entreprise »

Un an et demi après avoir repris l’entreprise CEPI à Briec (Finistère), spécialisée dans la peinture et le revêtement pour salles blanches, Jean-Michel Pinel dresse un premier bilan. Sans taire les moments difficiles. Mais avec optimisme pour les mois à venir.

Passage de relais en 2015

Juin 2015, c’est le passage de relais entre Dominique Simon et Jean-Michel Pinel. Le premier vend au second CEPI, une entreprise de Briec (Finistère) spécialisée dans la pose et la réparation des panneaux utilisés dans la construction industrielle, essentiellement dans les salles blanches.

Jean-Michel Pinel ne connaît rien à ce domaine. Il a une expérience de cadre chez Air liquide, multinationale française. Le management, la mise en place de procédures, le contact avec la clientèle, ce sont ses points forts. Est-ce suffisant pour réussir la reprise ?

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” Il a fallu se remettre en cause “

« Les premiers mois de 2016 ont été compliqués », reconnaît aujourd’hui Jean-Michel Pinel. CEPI travaille pour des sous-traitants spécialisés dans la pose de panneaux. Les relations avec un de ces sous-traitants, représentant une part importante du chiffre d’affaires, ont fortement diminué. « Il a fallu se remettre en cause, rechercher de nouveaux clients. » Jean-Michel Pinel en profite aussi pour formaliser les procédures, plus rigoureuses, au sein de l’entreprise. Fiches d’entrée et de fin de chantier, avec le détail du travail à réaliser, par exemple. Gros efforts sur la sécurité au travail, notamment sur la route… La nouvelle organisation se met en place. Des salariés partent. D’autres arrivent.

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” Notre expertise a été reconnue “

« Au milieu de l’année 2016, l’activité est repartie. Des clients voulaient tester le « nouveau », car il savait que Dominique avait vendu. » Dans un milieu où le bouche-à-oreille fonctionne, les premiers retours sont « très bons ». Les chantiers sont plus nombreux. Toujours l’industrie pharmaceutique, avec les grands noms (Sanofi, Mylan, etc.) le cœur de métier de CEPI depuis la création de l’entreprise.

Parfois aussi, des interventions ponctuelles très pointues. Comme sur le chantier de l’Arena 92, à la fois stade et salle de spectacle, tout près de la Défense à Paris. « Notre expertise a été reconnue. C’est vraiment gratifiant. » L’agroalimentaire est un secteur que souhaite conquérir Jean-Michel Pinel. Soit des installations neuves (Synutra à Carhaix), soit des remises en état à la suite de chocs provoquant des dégâts dans les parois. Il faut réparer vite dans des usines qui ne s’arrêtent presque jamais et qui traitent des matières sensibles, aliments ou médicaments.

« Je ne m’ennuie jamais »

« Une de mes idées était d’utiliser le film plastique comme une possible alternative à la peinture », rappelle Jean-Michel Pinel. C’est la solution qui s’impose progressivement dans l’agroalimentaire. Pas de risque de projections, pas de temps de séchage, pas d’odeur, une rapidité de mise en œuvre après la réparation du panneau. Peinture ou film, « l’idée centrale, c’est que l’on redonne vie aux panneaux. Les clients sont bluffés par le résultat ».

Le dirigeant sait que son entreprise intervient sur un marché de niche. Mais la PME gagne la confiance de grands grâce à ses compétences techniques. « Les compétences des salariés ! » corrige Jean-Michel Pinel dont l’une des priorités est de mettre en valeur ce travail de spécialistes. « Ce serait à refaire, je reprendrais l’entreprise. Je ne m’ennuie jamais. » 2017 s’annonce bien. Les demandes de devis affluent. Reste à concrétiser ces promesses.

CEPI, 14 salariés à Briec, 900 000 € de chiffre d’affaires.

Par Jean-Pierre LE CARROU.   Ouest-France